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Dans ma maison est Lucette.

23 May 2010 1,493 views No Comment

Traduits par Françoise Coriat

La douleur continue de demeurer dans le monde, bien après que les hommes n’y soient plus. Je me souviens de Bracha dans le Val de la Géhenne (« Gaï Ben Hinnom » à Jérusalem) prêtant l’oreille aux cris des victimes humaines qui y étaient sacrifiées il y a cinq mille ans.

Au sujet de la douleur de Dieu : il est dit qu’après la destruction du Temple, Dieu nous a suivis en exil.

écrit dans l’avion le 2 – 08 – 89

Dans ma maison est Lucette
et le cercle se referme avec Nathanaël,
avec Anna, avec Yri
et me voici
en route vers mes enfants
dévorant la distance
et la différence
d’horaire.

A la vitesse de la lumière,
dans le ventre d’un gros oiseau,
par centaines, les passagers
s’agitent d’un coin à un autre
autour de ce globe
qui voyage lui aussi,
de ce globe qui nous appartient à tous

et dont pourtant nous nous disputons
les territoires en transit
tels des sièges dans un avion
comme s’ils étaient définitifs

et tous nous nous réclamons
de quelque mur oriental.

Quoique je fasse et où que j’aille,
on m’assiéra toujours près d’un petit enfant
et toujours je m’émeuvrai
et sentirai toujours mon sein maternel
se fondre et le lait en jaillir
et se préparer mes entrailles
à une nouvelle naissance
qui pourrait se produire
mais n’arrivera pas
à cause de l’absence
d’un père.

Et prétend Lucette
que je donne naissance
à des millions d’enfants
grâce à tous les mots
et grâce à tout l’amour
que je sème à tous vents
dans les siècles des siècles.
Et mes mots continueront d’atteindre
et tout mon amour de toucher
d’autres, beaucoup d’autres,
en d’autres temps et lieux
car ne sommes-nous pas tous des passagers ?
Et d’ici à ce que Skaï
y voie clair dans son cœur
le monde aura tourné
et je n’y serai plus
et lui non plus.

Mais un autre amant se sera réveillé
et une autre femme il aura embrassée
et ses entrailles à elle, fertilisées.
Une autre femme
qui ne m’aura pas connue
ni mes droits reconnus,
cueillera donc ainsi le fruit de mon amour
et il grandira un autre enfant
d’une des graines
que je sème
à tous vents.

Et sur toute la surface de la terre,
mille et mille enfants
sur mes genoux grandiront
et mille et mille bouches
se baiseront
des baisers de mes mots.

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